Patrimoine Samedi 20/09/14

Samedi 20/09/14,Patrimoine.

-  Paroles d' un agriculteur en retraite " depuis plus de 11 ans" , propos receuillis ce samedi 20 Septembre 2014 , Journées du Patrimoine, et ouverture au public du Bloc B 7 : " lors du remembrement , j' ai fait des trous pour planter mes piquets de bordures sur les devants -Nord de la casemate de Thonne; dés les premiers coups de pioche , j ' ai trouvé un casque allemand avec un trou en plein front , et un fusil trés rouillés . Et j ' ai appris que fin Mai-début Juin 1940 , les Allemands postés devant la Ligne avaient essayé de faire sauter les meurtrières des cloches de Thonne, comme celà avait été fait à Villy la Ferté. Au cours de la nuit, les deux sentinelles postées dehors ! , des deux côtés du rempart de pierres, sur la muraille côté ennemi , avaient entendu des bruits; le chef de casemate sitôt prévenu, a fait donner un coup de projecteur par les voisines : Christ ou Guerlette ? ou les deux, en même temps que les FM des cloches et les mitrailleuses étaient aux aguéts; dans le faisceau de lumière, un groupe d' Allemands apparut, qui coupaient les fils barbelés à la cisaille, ; des longues rafales tuérent presque tout le monde; au petit matin, les Français récupéraient huit corps, sitôt enterrés au cimetière de Thonne le Thil , et des " valises" d' explosifs, charges similaires qui firent sauter les embrasures de la Ferté ....." ( les sentinelles, placées dehors, dans des trous individuels, étaient là durant la nuit , pour écouter, car la nuit on ne voit pas , ou trés peu , et le seul moyen sensoriel est l ' ecoute; chose non intégrée lors de la construction  et l ' élaboration de la Ligne.....).

 - ZEBER Maurice, Patrimoine, Dimanche 21 Septembre 2014 .Propos de son fils Jean-François.

   9 H 45, un grand  homme blond arrive doucement sur la Place d' Armes du B 7:" c' est la visite du Chénois? , je suis ému , car mon père est resté là pendant une année compète , en tant que radio"...- " C'est là ! à 10 hes, nous rentrons et vous visitez" ....-  " Mon père est né en 1914 ;comme il était trés curieux, et que la radio prenait son essor, tout de suite il s'y est interessé, et est devenu radio-amateur, montant ses postes-radio , et apprennant le morse; son indicatif était F 3 J C ; une fois , il était allé avant-guerre émettre au sommet de la Tour Eiffel , dont le code est F L 1 ;Il est devenu monteur-fabricant de radio ( aprés la guerre, il tient un magasin , et monte le premier poste TL  des Ardennes); à 26 ans , étant domicilié dans les Ardennes, il est requis par la mobilisation et rentre au fort du Chénois en 1939 comme sergent-radio ( " le recrutement des fortications , y compris des régiments de forteresse est local , pour que les gens puissent prendre leurs postes et affectations le plus rapidement possible" note) ; Il vivait comme tous les autres dans les deux baraquements en bois, aujourd' hui disparus, en face de l ' entrée , la " caserne de jour" , et il allait prendre son service au sous-sol  " humide" ! ! ; d' ailleurs , en une année passée en souterrain , ses chevaux blonds sont devenus gris , par manque de lumière ! ! Il était affecté , parlant l ' allemand, à la station d' écoute des liaisons radio ennemies ( " guerre électronique")!......Il communiquait en morse avec la Ferté , dont il connaissait tout l' équipage - "on buvait un coup ensembLe aux bistrots de Montilbert ou de Thonne le Thil."....Et le 18 Mai , le radio de La Ferté m ' a transmis en morse : " Maurice , on est foutu ! "...Comme il connaissait tout le monde , dont le Lieutenant Bourguignon , il a écrit à sa famille, réfugiée avec les parents , en Vendée.aprés la mort du petit ouvrage .".(" et tout le monde savait pourquoi et comment le P.O de Villy-la Ferté était mort !"....)

.Anecdote- sinistre , racontée par Mr ZEBER et tenant çà de son père - : " il y avait là un gars qui "tapait dans la bouteille" ; une fois , un soir, la porte fermant à 19 hes- quartier libre pendant la journée ou l ' aprés-midi si on n ' était pas de service - ce gars là est arrivé tard , trop tard aprés la fermeture " officielle " de la porte ; le commandant du fort lui a fait jeter son paquetage dehors , et lui a dit " de foutre le camp à la Ferté" ; ce que le soldat a fait , avec son sac au dos et sa bouteille a  la main ; et il y est resté , affecté, renvoyé du Chénois....Son nom est inscrit sur le monument aux morts....Il est mort , comme disait mon pére " pour un litre de rouge de trop !"...

......... - " J 'ai maintenant 60 ans , j ' habite à Haroucourt , mon père est mort depuis.....,on venait de temps en temps au Chénois, fermé, ce qu ' il regrettait beaucoup ....; il a été fait prisonnier à Belfort, et est resté en Allemagne ...Il a toujours essayé de rentrer dans sa salle- radio , " où le poste OCTF émettait en 10 mètres , avec l' antenne de dix mètres ! ! ! mais il n' a jamais pu revoir sa salle-radio en sous-sol ; aujourd' hui , je suis bien content , car je la vois ,, et j ' en suis très heureux , en pensant à mon père, et j ' y revois mon père , aujourd ' hui disparu ....."

 -  Commentaires sur ce dernier témoignage : 1 - Un sergent - de réserve-, parlant couremment l ' allemand est installé au sous-sol , hélas humide  ( " bonjour les connexions!) dans le but de capter les émissions radio ennemies; il opère avec un récepteur R 11 . Mais , mais , le téléphone destiné à informer le P.C est dans son dos, à trois ou quatre mètres de distance de son siège, fixé au mur ; de plus , aucun officier-exploiteur n ' est à ses côtés, afin d' exploiter IMMEDIATEMENT le renseignement ; donc , la guerre électronique usitée dans le système de la Ligne Maginot  "est uni-jambiste et handicapée,"puisqu' elle n' a pas les moyens d' exploitation rapides....2 - :la caserne de jour est en face des entrées, à une centaine de mètres,sur le flanc de la colline garnie de tailis ; en cas de guerre réelle , elle est incendiée afin de laisser libre le champ de tir du canon de 47 mm anti-char " réglementairement affecté aux entrées des gros ouvrages Maginot"; seulement, devant les entrées du Chénois, bloc installé dans un fond, est située une colline touffue,; ce qui fait que le champ de tir du canon de 47mm se limite    à à peine 200 mètres ( et encore) ; coût d' un canon de 47 mm A.M : 80;000 francs 1938 ( cout d' un 75mm: 200.000francs ); il aurait été préférable d' y installer un petit canon de 25mm, moins cher, et largement suffisant ; mais " réglement-réglement", c.. et c.., on installe un truc inutile, et cher, alors que les caisses sont vides ; " jugulaire-jugulaire".( il reste dans le blockhaus, sur le mur, l ' empreinte du casier grillagé , à 200 cartouches de 47 anti-char)  ( portée maxi du canon de 25 mm Puteaux A.C 1934: 10 km ;..." tir à 500 mètres ,flèche de 0,40mètre, temps: 0,6 secondes " ; à 100 mètres, en face des Entrées, un canon de 25mm perce plus de 4 cm d' acier laminé;donc ,il perce tout  ce qui roule et se présente devant lui , en 1940 .

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