"La vache et le prisonnier";non les deux chevaux...

                Non, ça n'est pas" la vache et le prisonnier", avec Marguerite et Fernandel, car il n'y a pas eu de prisonnier, là...( propos receuillis oralement)

                Et c'est trés bien comme çà.

                Mais c'est un épisode de guerre d' un soldat, d"équipage de fort, Vélosnes, pas pris, et de deux chevaux...

             " Mon nom était CH... quand j'étais vivant;  et j'étais soldat au Gros Ouvrage de Vélosnes, commandant Capitaine de Sachy, ouvrage d'artillerie équipé d'une magnifique tourelle modèle 1933 avec deux canons longs de 75 mm, archi moderne, trés chère, six millions de francs, et qui expédiait plus de trente obus par minute à 13 km à la ronde...On avait d'ailleurs malmené des convois allemands qui passaient vers Longuyon, Longwy, signalés par les observatoires disséminés dans la nature et reliés à nous par téléphones  dont les cables étaient enterrés profonds. Les Allemands se tenaient à distance.Je servais comme équipier dans un équipage de bloc d'infanterie, en salle d'armes, mais pas dans les cloches de guét et fusil mitrailleur GFM. (cables enterrés profonds, à 3 mètres, et gainés, sur le modèle allemand, Ligne Hindenburg, telles étaient les fortifications allemandes sur la Somme, dont tunnel et canal de Riqueval...)

   Puis, au 11 Juin 1940, on nous a dit " de tout casser, et partir"; on a tout cassé, et aussi enterré à proximité; puis nous sommes partis....Partis sur des chemins de misère pour faire la guerre avec des armes sans bipied; moi, j'étais équipage et je n'avais pas d'arme... Peu aprés notre départ de Vélosnes, où on aurait pu résister plus de trois mois, avec nos vivres, notre eau et nos canons, et ainsi enquiquiner les Boches, quite à partir dix par dix durant les nuits..., nous sommes partis vers Longuyon,; et là, nos chefs, qui râlaient, mécontents de notre abandon de NOTRE fort, nous ont dit:" c'est fichu, si vous pouvez, vous vous taillez;nous, nous restons par ordres et fierté,mais ça ne nous plait pas, avec des ordres imbéciles,et ça  n'est pas bon pour nous"...

 Nous passions dans Saint Mihiel, vide, vide; j'abordais un Familistère ouvert aux quatre vents; on y prenait des choses pour manger, sans payer, ouvert et vide...Moi, je suis passé dans l'arrière boutique, j' y ai vu un vétement de travail; j'ai troqué ma tenue de toile, mon masque à gaz, pas les godillots,ni la musette, contre la tenue de travail du Familo, et je sui parti sur la route, vers le Sud-Ouest, avec d'autres soldats, en tenue eux et d'autres en civil genre "clochards". Passant en bord de pâtures, il y avait là deux chevaux qui paissaient; j'avais une ficelle, je les attache au licol, et je suis parti du pré; mais en direction demi-tour, vers MA ferme, la ferme de Fossieu, prés de Longuyon, en me disant, "nos chefs nous ont dit de foutre le camp, nous serons bien plus utiles en civil et dehors, qu'en militaires-prisonniers..Et j'ai obéi aux ordres et je suis rentré chez moi..Et j'ai fait marcher ma ferme pendant toute la guerre, participant à l'effort national en alimentant la population, plutot qu'etre prisonnier-otage pour rien, Nos chefs avaient raison de nous dire  "taillez la route", au danger d'être porté déserteur; ils avaient raison de nous faire nous évader!". Témoignage d'un habitant de Louppy sur Loison receuilli au Patrimoin, église Saint Julien, Dancourt, Donchery, 18 Septembre 2020. ( pillage de St Mihiel, voir dans site " chtimiste 14-18"  les carnets de Ferdinand GILLETTE, qui devait être instituteur et EOR, Lieutenant , Capitaine, prisonnier mi 1918-libéré en Février 1919 !, puis, " qui a remis ça", en 1939, plateau de Marville,: "  gabégie, 5eme colonne..., officiers de salon, "fusiller les dirigeants, Blum, Briand, etc"...Ivresse des hommes et officiers...ETC. ELOQUENT ! sur la France...Semblable à "l'Etrange défaite" de Marc BLOCH....

  Du même témoin rapporteur de faits, " à Louppy, je connaissais un Monsieur Fla.... qui était agriculteur; il avait été Chasseur à pied, puis il a été remobilisé et incorporé au 155 eme RIF, direction tireur dans une cloche GFM au fusil-mitrailleur au fort du Chénois .Puis, un jour de juin 1940, ordres de " tout casser, tout cacher", puis de partir le fusil mitrailleur sous le bras, sans bipied!, une musette de chargeurs pleins et une musette de vivres; et nous avons erré, erré pendant dix jours, dans les Vosges, pour nous faire pincer  le 22 Juin 1940 à Bru saint Benoit, prés de Rambervillers! pour rien!; on aurait mieux fait de rester dans notre fort, solide et approvisionné que les Allemands avaient harcelé pendant un mois, mais en restant à bonne distance de 500 mètres...".

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