Pol Peltier

Témoignage de Monsieur Pol Peltier

 

             

 « J'avais été affecté à la Ferté comme artilleur-observateur; puis je suis parti en petite permission de détente ; quand je suis revenu de permission, mon poste d'observateur était pris par quelqu'un d'autre et mon capitaine gestionnaire des effectifs, à Stenay, m'a  affecté au Chénois. J'étais observateur aux cloches GFM -Observatoires de B 1 et B 4. On mettait, à pied bien entendu, trois quarts d'heure pour descendre des observatoires (40 mètres de cage d'escaliers)  et aller à la caserne ; bien sûr, interdiction de prendre le monte-charge ou le train, on empruntait  en plein courant-d'air ,les 900 ou 1000 mètres de la galerie. Il fallait viser juste quand un convoi roulait en montant ou descendant, afin d'aller se ranger dans les petits refuges qui se trouvent tous les 100 mètres de galerie. On arrivait ainsi à la caserne, puis on allait chercher à manger à la cuisine, par le passe-plat, et on mangeait, très bien, très bon, et à satiété sur  des tablettes rabattables dans  les couloirs de la caserne. On n'avait pas le droit de dépasser le  blockhaus de galerie qui défend  l'accès venant du B 7  et  d'aller à l'usine. Seuls les fantassins allaient monter la garde, qui  devant la grille de l'usine, qui au poste de Police  à l'étage -entrée du B 7. On vivait là-dedans dans une lumière blafarde, le ronron des moteurs, des bruits de ferraille, les roulements des trucks. Pour appuyer le petit ouvrage de la Ferté, en trois jours, on a  tiré 4000 coups de canon des 75 de la tourelle, changé un tube éclaté; j'ai appris plus tard que deux gars de chez nous avaient été tués par l'éclatement d’un tube, dans la tourelle.   ...Dans le bloc d'entrée , il y avait un atelier de rechargement de douilles et d'obus ...( peut- être de conditionnement , car les charges des tubes de la tourelle modèle 1905 sont " divisibles" ) note .On n'avait pas le temps de penser, et puis on était jeune, et on voulait en découdre, on ne se posait pas de question; on était dans un bâtiment de guerre, comme des marins, et puis c'est tout .De toutes façons, on savait qu’ILS ne passeraient pas. c'est ce qu'on nous disait, et c'est ce qu'on pensait, vu la solidité de la ligne". ( non ajouté à temps, car "apparemment sans intérêt - pour nous- :quatre ou cinq locos-accus se rechargeaient dans un local-atelier prés de l'escalier ;nous avons omis volontairement certains épisodes des marches vers les camps de prisonniers , dont même Mr Peltier avait honte quant à leur rappel).

Ce monsieur est décédé en Janvier 2010.

voir autre témoignage sur journal l'Union-l'Ardennais  de fin janvier 2009, en site.

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